Condamné par contumace pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, l’ancien président congolais a annoncé, depuis Goma, dans l’est du pays, la création du Front pour la refondation de la nation, un nouveau mouvement politico-militaire. Ce nouveau mouvement rebelle dissout simultanément la coalition de groupes armés et partis politiques AFC/M23, dont les chefs assument dorénavant la codirection.
La République démocratique du Congo (RDC) a connu, le 12 octobre 2026, la naissance d’un mouvement politico-militaire de Joseph Kabila, à Goma, en présence de certains chefs du groupe AFC/M23, la principale menace rebelle du pays.
Cette annonce surprise vient confirmer la complicité soupçonnée entre l’ancien président et la coalition. Pour rappel, en septembre 2025, la haute cour militaire congolaise avait condamné par contumace Joseph Kabila à la peine de mort et à quinze ans de servitude pénale principale pour plusieurs chefs d’accusation.
Aujourd’hui, en tant qu’opposant politique, le Front pour la refondation de la nation se donne pour objectif de « mutualiser les forces et les efforts » pour mettre fin au pouvoir de l’actuel président de la RDC, Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « tyrannie ». Il dit vouloir recourir à « tous les moyens », y compris la force, en invoquant l’article 64 de la Constitution.
Par ailleurs, cette annonce intervient dans un contexte politique incertain en RDC, pays d’Afrique centrale à l’histoire politique agitée. En effet, depuis 2021, le pays fait face à une série d’activismes militaires qui trouble sa stabilité politique et sécuritaire, ce qui alimente par les débats à l’international.
Le rejet de la décision ordonnée par la haute cour militaire puis la nouvelle position de l’ancien président congolais donne une allure au prochain climat de la RDC qui jusqu’ici n’a cessé de renforcer ses politiques sécuritaires.
Cyrielle BROU avec AFP