Le fleuve Bandama, pilier écologique et économique de la Côte d’Ivoire, a récemment été le théâtre d’une pollution d’une gravité préoccupante dans la localité de Ferkessédougou. Le 22 avril 2026, une importante mortalité de poissons a alerté les populations et mis en lumière une contamination liée aux activités de la société sucrière SUCAF-CI.
À l’origine de cette catastrophe, la rupture d’un tank de mélasse survenue le 19 mars 2026 au sein de l’usine. Si une première mesure avait consisté à transférer le produit dans une digue de rétention, de fortes pluies survenues dans la nuit du 21 au 22 avril ont provoqué la rupture de cet ouvrage. La mélasse s’est alors déversée sur près de huit kilomètres avant d’atteindre le fleuve Bandama, causant des dégâts considérables sur la faune aquatique.
Face à cette situation, le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) a alerté et a réagi. Déjà présent dans la zone, son personnel a immédiatement retracé l’origine de la pollution et confirmé son ampleur. Sous l’autorité du professeur Bernard Ossey Yapo et avec l’implication des équipes dirigées localement par le colonel Wouré Ehouman, l’institution a convoqué les responsables de l’entreprise impliquée.
Les investigations ont révélé de graves manquements : absence de notification officielle, dissimulation d’informations et défaillance dans les mesures de sécurité. Le CIAPOL a clairement établi la responsabilité de l’entreprise, invoquant les articles 246 et 248 du Code de l’environnement.
Si SUCAF-CI affirme avoir engagé des actions, notamment le pompage des résidus et la surveillance des eaux, ces mesures interviennent après coup. Pour le CIAPOL, l’essentiel demeure la prévention et le respect strict des normes environnementales.
Au-delà de cet incident, l’institution réaffirme son rôle de vigie écologique. Une mission d’experts est attendue sur le terrain pour approfondir les analyses et éviter toute récidive.