Un atelier stratégique consacré à la conception du projet numérique « Algo-Démo » se tient les 22 et 23 avril 2026 à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), sur le campus de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Cette initiative est portée par la Fondation de l’innovation pour la démocratie, à travers son Laboratoire Ouest et Méditerranée, en partenariat avec l’École supérieure africaine des TIC (ESATIC).
Ce séminaire de deux jours réunit un large éventail d’acteurs issus des sphères académique, institutionnelle et technologique. Chercheurs en droit, sciences politiques et philosophie, juristes, membres de la société civile, partenaires techniques ainsi que des étudiants de l’ESATIC participent activement aux travaux. Ces derniers occupent d’ailleurs une place centrale dans le projet, puisqu’ils sont chargés de développer l’application « Algo-Démo ».

L’objectif principal de cette rencontre est de poser les bases solides de cette plateforme numérique innovante dédiée à l’analyse des dynamiques démocratiques sur le continent africain. Plus précisément, les échanges visent à construire une compréhension partagée du projet, enrichir et valider son cahier des charges, ainsi qu’à produire un rapport structurant en vue de son déploiement.
Selon Jean-Marc Ségoun, directeur des programmes de la Fondation et coordonnateur par intérim du Laboratoire Ouest et Méditerranée, « l’ambition est de penser la démocratie à partir d’une information documentée, ancrée dans les réalités territoriales ». Il précise que l’outil ne vise pas à porter des jugements sur les régimes politiques, mais à identifier des tendances mesurables à partir d’indicateurs fiables. Dans un contexte marqué par la désinformation, la plateforme entend ainsi offrir aux citoyens et aux décideurs un accès à des données vérifiées pour éclairer leurs actions.
Au cœur du dispositif, l’application intègre notamment « DemoTok », une interface inspirée des réseaux sociaux, conçue pour collecter, analyser et interpréter des données autour de thématiques clés telles que le genre, la jeunesse et les interactions entre droit, politique et société. Les informations recueillies feront l’objet d’un processus rigoureux de triangulation, combinant sources ouvertes, contributions locales et investigations approfondies. Elles alimenteront un rapport trimestriel intitulé « Baromètre des tendances de la démocratie en Afrique ».

Pour Manassé Nshimiyimana, représentant de INADES Formation et facilitateur des travaux, « cette phase collaborative est essentielle pour croiser les expertises et concevoir des outils réellement adaptés aux réalités africaines ». Du côté de l’ESATIC, Dr Doho Liboud souligne quant à lui le défi technique du projet : « il s’agit de traduire des concepts démocratiques complexes en solutions technologiques accessibles et exploitables ».
Doté d’un financement initial estimé à environ 25 000 euros, Algo-Démo est prévu sur une durée de six mois, avec un premier prototype attendu d’ici fin 2026. Une phase pilote sera d’abord déployée en Côte d’Ivoire avant une extension à d’autres pays africains.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de la convention de partenariat signée le 26 février 2026 à Abidjan entre la Fondation de l’innovation pour la démocratie et l’ESATIC, officialisant leur collaboration autour de cette initiative digitale.
Organisation panafricaine basée en Afrique du Sud et dirigée par Achille Mbembe, la Fondation de l’innovation pour la démocratie fédère plus de 300 chercheurs et une communauté numérique de plus de 50 000 membres. Forte de ses six laboratoires en Afrique et en Europe, elle a déjà conduit plus de 300 activités dédiées à la promotion de la démocratie sur le continent.