Intégration aux soins de santé primaires, renforcement des ressources humaines et recours au numérique : le gouvernement ivoirien entend améliorer l’accès aux soins de santé mentale et renforcer la prise en charge des personnes en détresse psychologique. Ces orientations ont été présentées par le professeur Asseman Médard Koua, directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), le mardi 27 octobre 2026 à Abidjan.
Intervenant lors de la tribune d’échanges et d’information « Tout Savoir Sur » (TSS), organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), le responsable a souligné la place croissante de la santé mentale dans les enjeux de santé publique, de cohésion sociale et de développement en Côte d’Ivoire.
Longtemps considérée comme un sujet tabou, la santé mentale nécessite désormais une mobilisation collective pour faciliter l’accès aux soins et améliorer l’accompagnement des personnes concernées. Le professeur Asseman Médard Koua a notamment insisté sur l’urgence d’agir en faveur des jeunes, particulièrement exposés aux troubles mentaux et aux risques de suicide.

Pour répondre à ces défis, plusieurs axes d’intervention sont privilégiés. Le premier concerne l’intégration de la santé mentale aux soins de santé primaires et à la Couverture maladie universelle (CMU), afin de faciliter l’accès aux services de prise en charge.
Le renforcement des ressources humaines spécialisées constitue également une priorité. Il s’agit d’accroître les capacités du système de santé pour mieux répondre aux besoins des populations. Le directeur coordonnateur du PNSM a, par ailleurs, évoqué l’accompagnement des structures non conventionnelles intervenant dans ce domaine.
Le numérique figure aussi parmi les leviers envisagés pour rapprocher les services de santé mentale des populations et favoriser l’accès à une assistance adaptée. Ces efforts doivent s’accompagner d’une mobilisation des différents acteurs afin de faire de la santé mentale une priorité nationale.
Au-delà du renforcement de l’offre de soins, le responsable a appelé à lutter contre la stigmatisation qui entoure encore les troubles mentaux. Il a rappelé que ces troubles peuvent être pris en charge et que le recours précoce aux professionnels favorise le rétablissement.
« Plus on consulte tôt, mieux on se rétablit. Personne ne doit rester seul face à sa détresse », a-t-il affirmé.
À travers ces orientations, les autorités entendent promouvoir une approche plus accessible et inclusive de la santé mentale, en encourageant le recours aux soins et en faisant de la prévention une responsabilité collective.