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Orange Cyber Connect : la cybersécurité, un impératif pour la confiance et la croissance en Afrique

Cette initiative vise à favoriser le partage d'expériences entre acteurs de l'écosystème numérique

Face à la multiplication des cyberattaques et à la sophistication croissante des menaces numériques, la protection des données s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour les entreprises et les États africains. C’est dans cette perspective qu’Orange Côte d’Ivoire a organisé, ce jeudi 5 novembre 2026, à son siège à Abidjan, la première édition de « Orange Cyber Connect », une rencontre consacrée aux enjeux de la cybersécurité et à la nécessité d’en faire une responsabilité partagée.

Cette initiative vise à favoriser le partage d’expériences entre acteurs de l’écosystème numérique, à questionner les dispositifs de conformité et à renforcer les capacités d’anticipation face aux risques cyber. Dans un contexte où la digitalisation transforme les usages et les modèles économiques, la sécurisation des systèmes d’information apparaît comme une condition essentielle à l’installation d’un climat de confiance entre les entreprises, leurs clients et leurs partenaires.

Pour ouvrir les échanges, un panel inaugural autour du thème « L’innovation numérique au service de la croissance en Afrique » a réuni plusieurs personnalités du secteur des télécommunications, de la cybersécurité et de la finance. Les discussions ont notamment porté sur les investissements nécessaires, la formation des compétences et la souveraineté technologique du continent.

Représentant l’Union nationale des entreprises de télécommunications (UNETEL), qui regroupe les 3 opérateurs de téléphonie exerçant en Côte d’Ivoire, Gertrude Koné Douyere a rappelé que la crise de la Covid-19 avait accéléré la digitalisation des activités, révélant dans le même temps de nouvelles vulnérabilités. Selon elle, les opérateurs télécoms ont progressivement renforcé leurs dispositifs de protection, allant jusqu’à créer des directions entièrement dédiées à la cybersécurité. Elle a toutefois insisté sur la responsabilité des utilisateurs, estimant que la méconnaissance ou le non-respect des protocoles de sécurité favorisent les attaques. « Le changement de comportement positif doit être le fait de tout le monde », a-t-elle souligné.

Abordant les enjeux économiques, Charles Kié a plaidé pour une meilleure appropriation de la technologie par les pays africains. Il estime que le numérique et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à accélérer la productivité des secteurs primaire et secondaire, à condition d’investir dans les infrastructures, la recherche et le capital humain. Il a également appelé les investisseurs à intégrer l’innovation et la formation des jeunes dans leurs stratégies. Pour lui, « la souveraineté technologique doit constituer une priorité : les Africains doivent prendre en main leur capacité à développer des solutions adaptées à leurs réalités ».

De son côté, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le Général de Brigade Guelpetchin Ouattara, a présenté les efforts de l’État ivoirien en matière de prévention et de renforcement des compétences. Il a notamment évoqué la certification de 400 experts sur un objectif de 500 fixé pour 2026, ainsi que le développement de formations spécialisées avec les universités. Il a aussi insisté sur la nécessité de rapprocher les décideurs des équipes techniques et de sensibiliser les populations, dès le plus jeune âge, aux risques et aux implications légales des usages numériques. L’ANSSI travaille par ailleurs à l’élaboration d’un référentiel ivoirien sur l’intelligence artificielle, adapté aux réalités nationales.

Prenant la parole, Mamadou Coulibaly, président du conseil de surveillance d’Orange Cloud & Cyber Solutions, a réaffirmé l’engagement de l’opérateur à investir dans la protection des données de ses clients et dans la formation des ressources humaines. Il a fait état d’une baisse de 45 % des attaques à son niveau, tout en soulignant que l’insuffisance de maturité numérique des populations demeure un facteur de vulnérabilité. Il a notamment appelé à renforcer l’éducation au numérique, particulièrement auprès des enfants et dans les zones rurales.

L’ampleur du phénomène justifie cette mobilisation. Selon les chiffres présentés au cours des échanges, la Côte d’Ivoire a enregistré plus de 12 000 dossiers de cybercriminalité en 2024. En 2025, les affaires recensées ont atteint 14 100 cas, pour un préjudice financier estimé à 23 milliards de FCFA. Le directeur général de l’ANSSI a également indiqué que 55 % de ces actes étaient accélérés par l’intelligence artificielle. Des données qui confortent l’idée défendue lors de cette rencontre : la cybersécurité doit être considérée comme une infrastructure de la croissance, au même titre que les routes.

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