L’Agence pour le Développement de la Filière Riz (ADERIZ) a organisé ce 19 juin 2026 à Abidjan, un atelier de restitution et de validation de l’étude exploratoire sur les approches de ciblage et d’inclusion des petits riziculteurs dans la chaîne de valeur du riz en Côte d’Ivoire. Cette rencontre a réuni des enseignants-chercheurs, des producteurs, des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales, des institutions publiques ainsi que des organisations internationales.
Réalisée avec l’appui financier du Fonds international de développement agricole (FIDA), cette étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement de la filière riz (SNDR 2) couvrant la période 2024-2030. Son objectif est d’identifier les mécanismes les plus efficaces pour favoriser l’intégration des petits exploitants agricoles, notamment les plus vulnérables, dans la chaîne de valeur du riz.
Ouvrant les travaux, le directeur général adjoint de l’ADERIZ, Ouattara Gnirézié, représentant le directeur général, a souligné les difficultés auxquelles sont confrontés les petits producteurs. « Ils n’ont pas d’accès aux innovations technologiques et aux marchés. C’est pour leur permettre une meilleure situation que cette étude exploratoire a été menée », a-t-il expliqué.
Pour sa part, le président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), Diabaté Mory, a indiqué que cet atelier permettra de mieux prendre en compte les préoccupations des petits exploitants dans les dispositifs en cours de mise en place. Il a notamment évoqué le fonds d’amorçage destiné à soutenir davantage ces acteurs essentiels de la filière.
Représentant le directeur pays du FIDA, Boris Kouassi a rappelé l’importance stratégique du riz dans l’alimentation des populations ivoiriennes. Il a salué la qualité de la collaboration entre le FIDA et le ministère de l’Agriculture. Selon lui, les résultats de l’étude permettront de mieux caractériser les différentes catégories de producteurs, de proposer des mécanismes innovants de ciblage et de constituer une base de données fiable des producteurs. « Inclure les petits producteurs est essentiel pour bâtir une filière plus résiliente », a-t-il insisté, appelant à une prise en compte particulière des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables.
Dr Guéhi, en sa qualité de représentant du ministre délégué à l’Agriculture, a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la souveraineté alimentaire. Il a rappelé que « le riz demeure une denrée stratégique et que l’atteinte de l’autosuffisance passe nécessairement par un meilleur accompagnement des petits exploitants ». Il a souhaité que les conclusions de l’étude contribuent à lever les goulots d’étranglement qui freinent leur productivité et favorisent une synergie entre tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Au cours des échanges, le professeur Noufou Coulibaly a mis en lumière un défi majeur de la filière. « Le riz est un produit essentiel et très important qui présente une complexité en Côte d’Ivoire. Quand il est importé, il est moins cher que lorsqu’il est produit localement », a-t-il relevé.
Les participants ont examiné les recommandations issues de l’étude afin de parvenir à des orientations consensuelles. Les conclusions validées devraient contribuer à une meilleure intégration des petits producteurs dans la mise en œuvre de la SNDR 2 et renforcer les ambitions du pays en matière d’autosuffisance rizicole.