À Brobo, dans la région du Gbêkê, la 3ᵉ édition du festival Agwa Paquinou s’impose désormais comme un rendez-vous majeur de valorisation du patrimoine culturel ivoirien. Impulsé par son député-maire, Louis Habonouan, avec le soutien de Côte d’Ivoire Tourisme, Agwa Paquinou se positionne ainsi comme un cadre de dialogue entre passé et présent porté par le thème « La transition générationnelle, un facteur de cohésion sociale, de paix et de développement ».
Du 31 mars au 7 avril 2026, la ville a vibré au rythme des traditions, des arts et de la musique, dans une atmosphère mêlant mémoire, transmission et modernité.
Le point d’orgue de cette célébration culturelle a été la cérémonie officielle d’ouverture, organisée le samedi 4 avril sur la grande voie principale de la commune. À cette occasion, un défilé carnavalesque haut en couleur a rassemblé des populations venues de tout le pays. Entre costumes traditionnels, danses patrimoniales et expressions artistiques, la rue s’est transformée en un véritable espace d’exposition vivante de la culture baoulé.

Au-delà de son caractère festif, Agwa Paquinou se veut un vecteur de transmission intergénérationnelle. Le festival met en lumière plusieurs pratiques et savoirs traditionnels, notamment l’Agwa Kondro (art de porter le pagne), l’Agwa Srèlè (prière adressée à Dieu), l’Agwa Trofê ou encore l’Agwa Atôvlê, qui évoque les rites liés à la puberté chez la jeune fille baoulé. À travers ces activités, les organisateurs entendent préserver et transmettre des valeurs culturelles fondamentales, souvent menacées par la modernité.
L’événement accorde également une place importante au tourisme culturel avec l’Agwa Éco-tourisme, un circuit initiatique reliant des sites emblématiques tels que le sanctuaire de la reine Abla Pokou, les potières de Tanou-Sakassou, le domaine N’Zi River Lodge et les falaises de Bongrabo. Une immersion qui permet de découvrir les racines historiques et naturelles du territoire.
Fidèle à sa vocation de brassage culturel, cette édition a accueilli comme peuple invité d’honneur le royaume de Kong, dont la délégation, conduite par le roi Nanan Bakobana Ouattara, a enrichi le festival de ses danses, masques et expressions artistiques. La ville de Bonoua, également invitée, a contribué à cette diversité culturelle à travers ses propres traditions.

La scène musicale n’a pas été en reste, avec des prestations d’artistes tels que Yodé et Siro, VDA ou encore Les Patrons, tandis que Savan Alla et Sidonie La Tigresse ont enflammé la soirée d’ouverture, illustrant la rencontre entre traditions et expressions artistiques contemporaines.
À travers cette dynamique, Brobo confirme son ambition de faire de ce festival un pilier de la promotion culturelle et touristique du pays baoulé, tout en renforçant les liens entre les communautés.