La procédure judiciaire visant Justin Koné Katinan prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué publié ce vendredi 11 septembre 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan détaille les différentes étapes ayant conduit à la garde à vue puis au déferrement du quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) devant la Section antiterroriste du Tribunal d’Abidjan.
Tout commence le lundi 7 septembre. Ce jour-là, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) saisit le procureur d’une plainte contre Justin Koné Katinan pour diffamation, injure par le biais d’un système d’information et diffusion de nouvelles fausses. Cette plainte fait suite à des propos tenus par le responsable du PPA-CI lors de la « 52e Tribune » du parti, le 3 septembre à Cocody, notamment sur l’orpaillage clandestin, la pollution des cours d’eau et le trafic de drogue.
À la suite de cette plainte, le procureur transmet le dossier aux enquêteurs de la Préfecture de police. Après l’audition de la partie civile, Justin Koné Katinan est à son tour entendu. Le communiqué précise qu’à la clôture de cette première enquête, le procureur a demandé la transmission du procès-verbal « en renseignement judiciaire » en vue d’une saisine du Tribunal correctionnel.

En parallèle, une seconde procédure est engagée. Le procureur instruit les officiers de police judiciaire d’entendre Katinan Koné sur sa participation présumée aux troubles survenus durant la période électorale de 2025. C’est dans le cadre de cette procédure qu’il est placé en garde à vue, puis déféré à la Section antiterroriste.
Une information judiciaire est alors ouverte contre lui, avec mandat de dépôt, pour plusieurs chefs d’inculpation, dont actes terroristes, attentat et complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, attroupement armé ou non armé et incendie volontaire de véhicule.
Cette évolution intervient alors que le PPA-CI dénonce un « harcèlement judiciaire » et une volonté de « criminaliser toute parole politique de l’opposition ».
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait souligné que le gouvernement n’avait pas porté plainte. Il avait invité à distinguer l’action de l’exécutif de celle du RHDP, tout en rappelant que la liberté d’expression devait s’accompagner de responsabilité.
Le communiqué du procureur apporte ainsi une clarification importante : la plainte du RHDP pour diffamation constitue une première procédure, tandis que les poursuites liées aux troubles électoraux de 2025 relèvent d’une procédure judiciaire distincte ayant conduit au déferrement de Justin Koné Katinan devant la juridiction antiterroriste.