La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa sécurité sanitaire avec la mise en circulation officielle du nouveau carnet international de vaccination, entrée en vigueur le 15 avril 2026.
Lancé à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP), ce document modernisé s’inscrit dans une réforme ambitieuse portée par le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle.
Bien plus qu’un simple document administratif, ce nouveau carnet répond aux exigences du Règlement sanitaire international (RSI 2005). Il constitue désormais la preuve officielle de vaccination contre la fièvre jaune, un élément clé pour les contrôles sanitaires aux frontières et la prévention des risques épidémiques à l’échelle mondiale.
Représentant le ministre de la Santé lors de la cérémonie de lancement, le Professeur Kountélé Gona Soro, Directeur de cabinet adjoint, a souligné la portée stratégique de cette réforme : « cet événement n’est pas un simple geste administratif, mais la traduction d’une volonté de renforcer la crédibilité de notre système de santé et de nous conformer aux exigences internationales ».
Parmi les principales innovations introduites, figure la reconnaissance d’une protection à vie contre la fièvre jaune après une seule dose de vaccin, conformément à l’amendement du RSI entré en vigueur depuis 2016. Cette évolution met fin aux rappels obligatoires tous les dix ans, simplifiant ainsi les démarches pour les voyageurs et les populations.
Le nouveau carnet se distingue également par des améliorations techniques et sécuritaires. Il intègre un papier filigrané pour limiter les fraudes, une meilleure lisibilité des informations, ainsi qu’une présentation bilingue facilitant son utilisation à l’international. Il permet aussi une meilleure traçabilité des données sanitaires et prépare le terrain à une future digitalisation.
Le Directeur général de l’INHP, Professeur Ekra Kouadio Daniel, a insisté sur l’importance de cet outil dans un contexte de mobilité croissante : « le carnet international de vaccination est un instrument fondamental de santé publique ». Il a ajouté que cette réforme vise à « protéger les populations, faciliter les contrôles aux points d’entrée et renforcer la capacité de réponse en cas d’alerte épidémique ».
De son côté, Professeur Attoh-Touré, sous-directeur de la vaccinologie à l’INHP, a détaillé les modalités pratiques. Le carnet est délivré automatiquement à toute personne vaccinée contre la fièvre jaune, au coût de 5 500 FCFA. En cas de perte ou de remplacement, un duplicata est disponible pour 3 500 FCFA, sur présentation d’un ancien carnet, d’une preuve de vaccination ou d’un document équivalent.
Les autorités précisent que l’acquisition du carnet se fait dans les centres de l’INHP, ses antennes, ainsi qu’aux postes de contrôle sanitaires aux frontières terrestres, maritimes et aériennes. Une période transitoire de six mois, du 15 avril au 15 octobre 2026, est accordée pour permettre aux détenteurs de l’ancien carnet de procéder à son remplacement.
Dans un contexte marqué par une campagne de vaccination ayant couvert près de 490 000 personnes en 2025, ce dispositif apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la surveillance sanitaire.
Au nom des partenaires, le représentant de l’UNICEF, François Basse, a salué « le leadership du ministère » et « l’engagement des équipes sur le terrain ». Un appel à la responsabilité collective a également été lancé, rappelant que chaque vaccination contribue à la sécurité sanitaire nationale et internationale.