Le Port autonome de San Pedro s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers de la transformation économique de la Côte d’Ivoire et de toute la sous-région ouest-africaine. Longtemps reconnu comme le premier port mondial d’exportation de cacao, il amorce désormais une nouvelle étape de son développement, portée par des investissements structurants et une diversification de ses activités.
La mise en service, en 2022, du Terminal industriel polyvalent marque un tournant décisif dans cette dynamique. Lancée en 2019 par l’État ivoirien, cette infrastructure moderne est dotée d’un quai multifonctionnel de 270 mètres et d’une capacité de stockage d’environ 250 000 tonnes. Grâce à des équipements de manutention performants, le terminal peut accueillir des navires de type Panamax transportant jusqu’à 80 000 tonnes, améliorant ainsi la fluidité et la compétitivité des opérations portuaires.
Cette modernisation s’accompagne d’une diversification des trafics. Aux exportations traditionnelles de cacao s’ajoutent désormais des produits tels que le nickel, le manganèse ou encore les matériaux cimentiers. Une évolution qui renforce le rôle du port comme levier de valorisation des richesses agricoles, minières et forestières de l’arrière-pays.
Les performances enregistrées témoignent de cette montée en puissance. Après avoir franchi le cap des 5 millions de tonnes de trafic en 2019, le port a atteint environ 7,4 millions de tonnes en 2024, confirmant son attractivité croissante. Inscrit dans un schéma directeur à l’horizon 2035, le développement du port repose sur des partenariats public-privé et vise à en faire un hub industriel et logistique à forte valeur ajoutée.
Parallèlement, les autorités entendent moderniser la filière halieutique. À l’occasion d’une visite de travail, Sidi Tiémoko Touré, Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, a constaté les avancées des projets de transformation du terminal de pêche artisanale en terminal semi-industriel. Cette mutation vise à améliorer les conditions de travail des acteurs tout en intégrant des exigences environnementales, notamment la préservation de la biodiversité marine.
Au-delà de ses performances nationales, le Port de San Pedro joue un rôle stratégique pour cinq économies régionales, notamment la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso. Une position qui conforte son ambition de devenir, à terme, le principal pôle industriel et logistique de l’Afrique de l’Ouest.