La Côte d’Ivoire franchit une étape décisive dans sa stratégie de lutte contre le changement climatique avec le lancement officiel de l’Unité de Travail chargée du Suivi de la Taxonomie et de la Divulgation (UTSTD). Logée au sein de la Commission nationale de Lutte contre les Changements climatiques (CNLCC), cette structure a démarré ses activités les 9 et 10 avril 2026 à Abidjan-Cocody, marquant un tournant vers une mise en œuvre plus concrète et structurée des engagements climatiques du pays.
L’UTSTD se positionne comme un dispositif central dans l’architecture climatique ivoirienne. Sa mission principale consiste à assurer le suivi de la taxonomie climatique, un référentiel technique permettant d’identifier et de classer les activités économiques selon leur contribution à la transition bas carbone. Ce système distingue notamment les activités vertes, de transition et celles à fort impact négatif, offrant ainsi une lecture claire pour orienter les investissements.
Pour Alex Mayeul Lagaud, secrétaire exécutif de la CNLCC, la taxonomie représente bien plus qu’un outil technique. Elle constitue un levier stratégique pour mobiliser les financements et éviter les dérives telles que le greenwashing. En permettant de canaliser les flux financiers vers des projets réellement durables, elle renforce la crédibilité du pays auprès des partenaires internationaux.
Dans cette dynamique, l’UTSTD joue également un rôle clé dans la mise en place du cadre de divulgation extra-financière. Ce mécanisme impose à certaines entités, notamment les grandes entreprises et les administrations publiques, de publier des rapports annuels de durabilité. L’objectif est d’assurer une transparence accrue sur les risques climatiques, l’empreinte carbone et l’alignement des activités avec les engagements nationaux.
L’enjeu est de taille. Pour financer ses Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0), la Côte d’Ivoire doit mobiliser plus de 62 milliards de dollars. L’UTSTD apparaît ainsi comme un instrument essentiel pour attirer des financements innovants tels que les obligations vertes et les prêts climatiques.
Au-delà de la mobilisation financière, cette initiative traduit une ambition plus large : transformer structurellement l’économie ivoirienne. En orientant les investissements vers des secteurs durables et résilients, le pays entend réduire ses émissions de gaz à effet de serre de plus de 33 % d’ici 2035, tout en créant de nouvelles opportunités économiques.
Soutenue par des partenaires techniques et financiers, cette démarche s’inscrit dans une vision globale où la protection de l’environnement devient un moteur de croissance et de développement, comme le souligne également la dynamique nationale en faveur d’une économie durable et inclusive .
Avec l’UTSTD, la Côte d’Ivoire ne se limite plus à des engagements climatiques : elle se dote désormais des outils nécessaires pour les traduire en actions concrètes et mesurables.