Khadidiatou Bamba épouse Touré, présidente de la Chambre nationale des experts immobiliers de Côte d’Ivoire et sa délégation ont échangé le mercredi 15 avril 2026, avec Moussa Sanogo, ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie. Objectif de cette rencontre, présenter au ministre les missions et la vision de cette organisation professionnelle et trouver des solutions sur les problématiques liées à l’aménagement du territoire et à la gestion du foncier.
Lors des échanges, Khadidiatou Bamba épouse Touré a plaidé pour une meilleure structuration du secteur, une coordination accrue entre institutions et une reconnaissance institutionnelle renforcée de la fonction d’expert immobilier, notamment par sa mutation en ordre professionnel.

« La chambre voudrait aller vers l’ordre pour que le secteur soit plus réglementé. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui se disent experts immobiliers, qui font des évaluations mais n’ont pas la compétence pour le faire. Si nous mettons un peu d’ordre dans le secteur, si nous réglementons la profession, cela mettrait fin à certaines pratiques », a expliqué l’experte.
Pour sa part, le ministre Moussa Sanogo a souligné l’importance du rôle de ces acteurs, « partenaires privilégiés dont l’implication est essentielle dans l’élaboration des textes réglementaires ou la mise en place des dispositifs de supervision. »
Il a également insisté sur la nécessité d’actualiser les données relatives à la valeur des biens, utiles notamment pour la planification budgétaire et la mobilisation de ressources.

« Il y a la problématique des biens de l’État puisque leur valorisation est aussi un moyen de mobilisation des ressources, notamment pour certains produits islamiques comme les Sukuk qui vont faire appel à des évaluations préalables », a-t-il déclaré, promettant d’accompagner la mutation de la Chambre en ordre professionnel.
En outre, le secrétaire général de la chambre a rappelé le rôle de l’expert qui selon lui, est d’autant plus important que les dispositifs de Bâle I, II et III imposent aux banques de sécuriser leurs opérations par des garanties. « Sans reconnaissance claire du statut d’expert immobilier, des évaluations réalisées par des pseudo experts pourraient fausser les valeurs et créer des risques pour la stabilité du système bancaire », a-t-il fait savoir.
S’inscrivant dans une dynamique d’accompagnement de l’action gouvernementale, à travers l’assainissement du secteur foncier et immobilier, la normalisation des pratiques d’évaluation, la professionnalisation des métiers et l’élaboration de références techniques conformes aux standards internationaux. La Chambre a pour mission essentielle est de garantir la fiabilité, la transparence et la crédibilité immobilière.

« Dans un environnement marqué par une pression foncière croissante, une urbanisation rapide et des contentieux récurrents, l’expert constitue un acteur clé dans la sécurisation des investissements, la prévention des litiges et l’aide à la décision, tant pour les pouvoirs publics que pour les opérateurs privés », a affirmé Khadidiatou Bamba épouse Touré.
Forte de plus de trente ans d’existence la Chambre nationale des experts immobiliers de Côte d’Ivoire regroupe une trentaine d’experts qualifiés dans l’évaluation immobilière, l’expertise foncière, l’analyse technique des constructions et le conseil en gestion du patrimoine immobilier.
Elle souhaite par ailleurs, être impliquée dans les réflexions stratégiques sur les politiques foncières et urbaines et participer à la mise en place d’un cadre permanent de concertation.