Yamoussoukro accueille, du 13 au 17 juillet 2026, un atelier d’analyse situationnelle sur la résistance aux antimicrobiens (RAM), étape clé dans l’élaboration du futur Plan d’action national de lutte contre la RAM pour la période 2026-2030. Une vingtaine d’experts issus des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale prennent part à ces travaux.
Organisé avec l’appui technique et financier du projet EpiC/FHI 360, financé par le département d’État américain, et sous la présidence du Groupe technique de travail sur la RAM (GTT-RAM), cet atelier vise à dresser un état des lieux de la situation afin de définir les priorités du prochain plan stratégique.

La résistance aux antimicrobiens survient lorsque des bactéries, virus, parasites ou champignons développent des mécanismes leur permettant de résister à l’action des médicaments destinés à les combattre, compromettant ainsi l’efficacité des traitements.
Pour le Dr Adjé Clément, conseiller technique principal d’EpiC/FHI 360, cette problématique constitue un défi majeur pour les systèmes de santé. « La RAM est une menace sérieuse pour nos systèmes de santé. Elle complique la prise en charge des patients », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de son projet à accompagner les autorités ivoiriennes dans la conception du futur plan national.
Le modérateur de l’atelier, Dr Diane Maxime, a rappelé que plusieurs études ont déjà été menées entre 2023 et 2026, notamment dans les laboratoires et auprès des différents acteurs concernés. Selon lui, cette analyse situationnelle permettra d’identifier les actions prioritaires à intégrer dans le plan 2026-2030.

La présidente du GTT-RAM, Pr Guessennd Nathalie, s’est félicitée de la forte mobilisation des participants. Elle a souligné que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens est un engagement collectif de longue date et s’est dite convaincue que l’implication de tous les acteurs permettra de réduire significativement l’impact de ce phénomène sur les populations.
Représentant les autorités sanitaires locales, le Dr Miezan Egnakou, directeur régional de la Santé du Bélier, a alerté sur la progression de l’automédication et du mauvais usage des médicaments, des comportements amplifiés durant la pandémie de COVID-19. Il a exhorté les décideurs politiques à renforcer leur implication afin de mieux encadrer l’utilisation des antimicrobiens.
Au terme des cinq jours de travaux, les experts devront formuler des recommandations et proposer des stratégies concrètes qui serviront de base au Plan d’action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens 2026-2030. L’objectif est de préserver durablement l’efficacité des traitements et de mieux protéger les populations face à cette menace croissante pour la santé publique.