Karitia Coulibaly De Meideros, directrice générale de l’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP) et son équipe ont présenté les résultats de la phase pilote du Programme national Passeport-Compétences. Le jeudi 18 juin 2026, devant les acteurs du secteur éducation-formation-emploi, elle a indiqué que cette étude fournit une première cartographie des métiers en tension et des compétences recherchées dans plusieurs pôles économiques du pays. La cérémonie s’est tenue à l’auditorium de la Primature, dans la commune du Plateau.
Considérés comme des résultats partiels, ce programme constitue une nouvelle manière de penser la relation entre la formation, les territoires et l’économie.
« Ce programme repose sur une double approche. Une approche territoriale qui part des potentialités économiques locales et une approche sectorielle qui prend en compte les besoins spécifiques des filières productives », a fait savoir Karitia Coulibaly De Meideros.

Pour elle, la responsabilité consiste à observer les transformations du marché du travail, à anticiper les métiers émergents, à analyser les besoins des entreprises, à construire des référentiels adaptés à ces besoins, à accompagner les dispositifs de certification et à proposer des réponses de formation cohérentes avec les exigences du développement économique.
« Avec le Programme National Passport Compétences, nous créons un langage commun entre les entreprises, les collectivités territoriales, les établissements de formation, les populations, les partenaires techniques et financiers et les pouvoirs publics », souligne-t-elle.

Présent à cette cérémonie, Maître Adama Kamara, ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, a précisé que cette démarche vise à renforcer l’adéquation entre la formation professionnelle et le marché du travail.
« Former sans comprendre, c’est risquer de mobiliser des ressources sans impact réel », a-t-il déclaré.
Lors de la présentation du diagnostic, Prof Claude Koutou, conseiller technique à l’AGEFOP, une méthodologie mixte combinant enquêtes qualitatives et approche statistique rigoureuse a été mise en place pour obtenir ces résultats. Au total, 1 013 structures ont été interrogées, dont 453 entreprises formelles et 560 unités du secteur informel, réparties entre Yopougon, le Sud-Comoé et le district des savanes (Poro, Tchologo et Bagoué). L’objectif est de disposer d’une base de données exploitable pour orienter les politiques publiques de formation.

Ces résultats mettent en évidence des besoins différenciés selon les territoires. À Yopougon, les tensions portent notamment sur les techniciens de maintenance et les conducteurs routiers. Dans le Sud-Comoé, elles concernent davantage les métiers de l’agro-industrie, de l’hôtellerie et du marketing digital. Dans les régions du Nord, les besoins se concentrent sur les techniciens en irrigation, les métiers de la logistique et la gestion des points de vente dans le commerce informel.
Pour sa part, Dr Eugène Aka Aouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), a salué cette démarche qui vient rompre avec les approches fondées sur l’approximation.

« Le Sud-Comoé a été choisi comme le berceau de cette expérimentation pour montrer que l’adéquation entre la formation et l’emploi n’est pas une utopie, mais une construction méthodique fondée sur des données réelles », a-t-il déclaré.
Pour lui, cette initiative s’inscrit dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, qui fait du capital humain un pilier de la transformation économique.

Il a invité les collectivités territoriales, les entreprises et les partenaires techniques à accompagner le déploiement progressif du Programme national Passeport-Compétences.
Passeport-Compétences dépasse le cadre d’un dispositif technique. Il s’agit, a-t-elle conclu, d’un véritable « projet de transformation nationale » visant à faire de chaque compétence une opportunité et de chaque opportunité un levier de développement pour la Côte d’Ivoire.
Avec pour objectif de former, de qualifier durablement et d’insérer efficacement les jeunes de Côte d’Ivoire, Passeport-Compétences s’illustre comme une véritable stratégie au service de la nation.