Face à la progression de la résistance aux antimicrobiens (RAM), la Côte d’Ivoire renforce son dispositif de lutte. Les principaux acteurs engagés dans cette riposte se sont réunis le vendredi 3 juillet 2026 à Abidjan pour relancer les activités du Groupe technique de travail sur la RAM (GTT-RAM), un organe stratégique chargé de coordonner les actions nationales selon l’approche « Une Seule Santé ».
Cette rencontre, organisée sous l’égide de la Plateforme « Une Seule Santé » de Côte d’Ivoire (PLUSS-CI), a rassemblé des représentants des ministères concernés, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts des secteurs de la santé humaine, de la santé animale, de l’agriculture et de l’environnement. Elle intervient dans un contexte marqué par la réorganisation des groupes techniques de la plateforme et par la préparation de la révision du Plan d’action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, après l’échéance de celui couvrant la période 2021-2025.
En ouvrant les travaux, le coordonnateur adjoint de la PLUSS-CI, Dosso Ali, a rappelé que la lutte contre l’antibiorésistance ne peut être efficace sans une collaboration étroite entre les différents secteurs concernés.
« La réunion d’aujourd’hui marque une nouvelle étape dans le renforcement de cette dynamique. Elle vise à consolider le rôle de coordination de la plateforme et à favoriser une contribution efficace à la mise en œuvre des activités du Plan d’action national. La lutte contre l’antibiorésistance constitue un enjeu majeur pour la santé humaine, animale et environnementale », a-t-il déclaré.

Revenant sur les avancées enregistrées depuis la création de la plateforme en 2019, Dr Mama Djima a salué les progrès réalisés en matière de coordination multisectorielle et de renforcement des capacités des différents acteurs.
Selon elle, l’enjeu est désormais de consolider ces acquis afin de disposer d’un mécanisme de gouvernance plus efficace, capable d’assurer une meilleure planification des activités, un suivi plus rigoureux des interventions et une prise de décisions fondée sur des données scientifiques fiables.
Même constat pour la point focale nationale du GTT-RAM, la professeure Guessennd Nathalie. Elle a estimé que la redynamisation du groupe constitue une étape indispensable pour accélérer la mise en œuvre des futures actions nationales contre la résistance aux antimicrobiens.
« Malgré les efforts accomplis, de nombreux défis demeurent. Cette rencontre doit nous permettre d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les obstacles et de définir les priorités pour les années à venir. La résistance aux antimicrobiens est une menace qui concerne aussi bien la santé humaine que la santé animale et l’environnement », a-t-elle indiqué.
Les échanges ont débouché sur une réorganisation du Groupe technique de travail. Les participants ont mis en place un nouveau présidium confié à la professeure Guessennd Nathalie, tandis que le secrétariat sera assuré par le Dr Tolla Laetitia.

La réunion a également permis de faire le point sur le déploiement du système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS), d’esquisser les grandes orientations de la révision du Plan d’action national et de définir les interventions prioritaires à conduire dans les prochains mois.
À travers cette restructuration, les autorités ivoiriennes entendent renforcer la coordination entre les différents secteurs impliqués, améliorer le système national de surveillance et accroître l’efficacité de la réponse face à une menace sanitaire de plus en plus préoccupante. Les conclusions des travaux devraient servir de base à une nouvelle phase de la stratégie nationale de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, conformément aux recommandations internationales.